lundi 15 septembre 2014

Les Regrets



La lumière  à l’aube découpait une voie
Flamboyante dans les persiennes de la chambre.
On voyait se tordre sur cette route d’ambre,
En d’ultimes sursauts, des ombres aux abois.


Que deviennent les adieux que nul ne recueille ?
Qui s’éveillant à l’heure ou l’aurore se cambre
Apercevra mon âme dans l’ombre des feuilles
Qu’un vent infernal pousse sur la route d’ambre ?

                                   *

Te souviens-tu jadis de propos échangés,
De châteaux en Espagne et d’allées d’orangers ?
J’ai cessé de songer aux chemins de Tolède
Car vois-tu, au tombeau nos rêves nous précèdent.

                                   *

Au Paradis des animaux, court mon Persan.
Anges qui veillez sur ce chat aux yeux de flamme
Redites lui avec un geste caressant
De tirer sur son fil, j'y ai noué mon âme.

                                   *


Et ce sera comme dans les étés d’antan,
J’emprunterai la route semée d’immortelles
Qui mène au village, et aujourd’hui à ta stèle,
Immortelle en pensées dans mon âme d’enfant,
Mère.


                                  *



La nuit s’échappe et le jour se dérobe
Des visages inconnus me sourient
D’un vieil été surgit l’or d’une robe
Crevant les eaux de la mémoire enfuie

Une main me salue, esquisse un seuil,
Une demeure ; un cœur fut mon refuge.
De quel amour ai-je été le transfuge ?
Et toi, jour, de quel astre es tu le deuil ?




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